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Marchés : L’analyse de la tendance par Calyon

Samedi, juin 14th, 2008
Au regard du changement de discours de son directeur, M. Ben Bernanke, qui se montre désormais plus préoccupé par la lutte contre l’inflation que contre la récession, la Réserve fédérale américaine (Fed) semble désormais avoir pris la pleine mesure du caractère structurel de l’inflation actuelle et de la nécessité de prendre le mal à la racine.

Ces derniers jours, M. Bernanke a ainsi multiplié les déclarations de guerre contre l’inflation, désormais considérée comme l’ennemi public numéro un de part et d’autre de l’Atlantique. Reste à savoir dans quelle mesure ces propos bellicistes pourront se traduire dans les actes ou demeureront à l’état de menaces verbales.

Le discours prononcé par M. Bernanke à l’occasion de la conférence annuelle de la Fed de Boston, qui s’est tenue le lundi 9 juin, marque un point d’inflexion majeure dans l’orientation de la politique monétaire américaine.

Pointant du doigt un renforcement des risques de hausse de l’inflation liée aux dernières augmentations des prix du pétrole, il a fermement laissé entendre que la Fed ne laisserait pas se produire un dérapage de l’inflation outre atlantique.

Cette intervention constitue la troisième mise en garde de M. Bernanke contre l’inflation en moins d’une semaine. Il tend ainsi à se rapprocher de plus en plus de la “faction anti-inflation” du comité de politique monétaire de la Fed. Les partisans d’une politique monétaire plus restrictive redoutent en effet que la baisse continue de la devise américaine ne vienne mettre en danger la croissance, en alimentant l’inflation via l’augmentation des prix à l’importation. Le changement de ton adopté par M. Bernanke laisse ainsi supposer que la Fed pourrait être amenée à adopter une politique monétaire moins accommodante afin de privilégier la lutte contre les tensions inflationnistes.

Selon les résultats d’une enquête Reuters aux Etats- Unis, la majorité des banques spécialistes en valeurs du Trésor estiment que la Fed laissera ses taux directeurs inchangés lors de ses deux prochaines réunions de juin et d’août.

Tant que le marché immobilier n’aura pas donné de signes tangibles de stabilisation, il demeure peu probable que la Fed prenne des mesures plus radicales en remontant ses taux directeurs. Or, selon les économistes de Crédit Agricole SA, le creux du marché immobilier américain ne sera atteint qu’en milieu d’année prochaine. En attendant, privée du bras armé que constitue la menace d’une hausse des taux, la Fed risque de ne pas pouvoir freiner durablement les poussées inflationnistes liées à la hausse des matières premières. Les pays émergents, dont les devises suivent les cours du dollar, continueraient en effet à bénéficier de liquidités bon marché pour combler leurs importants besoins en produits de base, entretenant de ce fait l’engouement pour les matières premières et par ricochet l’inflation.

En ce qui concerne l’euro, le président de la BCE, M. Jean- Claude Trichet, a récemment réitéré ses propos touchant à l’éventualité d’une hausse de taux en juillet, affirmant toutefois qu’elle n’était “pas certaine mais possible”. Simple coup de semonce ou réelle volonté de s’attaquer à l’inflation de plein front, au risque d’infliger de sévères dégâts collatéraux à la croissance ? Les économistes restent partagés quant aux choix des armes…

Pour l’heure, comme l’illustre l’évolution de la prime de risque ci-dessous, le contexte inflationniste ne fait que renforcer le leadership des valeurs corrélées à l’évolution des prix des matières premières, tandis que s’accentue la défiance des investisseurs pour les secteurs de la finance et des biens de consommation cycliques (automobile, habillement,…).

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Les analystes obtiennent des résultats mitigés

Dimanche, juin 8th, 2008
Les analystes ne peuvent pas se permettre de prendre quelques jours de congé ces temps-ci, tout particulièrement ceux qui couvrent le secteur financier. En effet, les investisseurs qui ont suivi les conseils des sociétés de courtage et des analystes auraient vu la valeur de leur portefeuille fondre de 17% l’an dernier, soit 2 fois plus que la baisse du S&P500, selon une étude de Bloomberg.

L’année précédente aura en effet été assez difficile pour le secteur financier, la crise des subprimes ayant contraint les plus grosses multinationales de la finance à annoncer des pertes et dépréciations pour un montant de 386 milliard de dollars.

Peu de personnes ont prévu la taille et l’impact que ces pertes auraient sur la valeur des actions bancaires - pas même les analystes vedettes du secteur. Les investisseurs ayant joué conformément à l’avis de l’analyste Guy Moszkowski de Merrill Lynch, auraient perdu l’année dernière 17%. Meredith Whitney d’Oppenheimer, qui a prévu l’automne dernier que Citigroup réduirait son dividende, n’a pas fait bien mieux, en reculant de 16%.

Mais juger les performances des analystes seulement en étudiant les profits que leurs sélections produisent n’est pas juste, selon Christopher Malloy, professeur à la Harvard Business School. Le but des analystes est en effet de battre les performances des indices du secteur qu’ils surveillent.

De ce point de vue, les analystes n’ont pas été si mauvais… L’indice Amex Securities Broker/Dealer est en baisse 38% au cours de la dernière année, soit plus de deux fois la perte moyenne des analystes étudiant le même groupe de valeurs.

Cependant, certains analystes ont su tirer leur épingle du jeu. Charles Peabody, de Portales Partners et Richard Bove de Ladenburg Thalmann ont clos l’année en territoire positif, notamment grâce à la vente des titres Merrill, Morgan Stanley, Lehman Brothers et Goldman Sachs, qui leur ont permis de réaliser un profit de 47 et 18%, respectivement.

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Marchés : L’analyse de la tendance par CA Chevreux

Vendredi, juin 6th, 2008

La Banque centrale européenne a maintenu ses taux d’intérêt directeurs inchangés ce jeudi, mais son message a changé. Notre banque centrale n’exclut pas une hausse des taux d’intérêt en juillet, si l’inflation demeure élevée. Cela signifie que si les prix des matières premières, et en particulier celui du pétrole, ne se détendent pas, ce sera la politique monétaire qui agira en durcissant les conditions du crédit. Cette position importante de la Banque centrale européenne succède aux propos, non moins décisifs, du président de la Réserve fédérale américaine il y a quelques jours, dénonçant les effets inflationnistes sur l’économie américaine de la faiblesse du dollar, en d’autres termes l’inflation importée à cause d’une devise faible. Le scénario monétaire s’éclaircit : il n’y aura plus de baisses des taux au cours des prochains mois, ni aux Etats-Unis, ni dans la Zone euro. Même si la croissance est faible, le problème aujourd’hui, c’est l’inflation.

Face à une inflation élevée (3.6% en rythme annuel en mai dans la zone euro, 3.0% en avril au Royaume-Uni), les banques centrales européennes ont laissé leurs taux directeurs inchangés cette semaine : à 4.00% pour la Banque centrale européenne, 5.00% pour la Banque d’Angleterre. Aux Etats-Unis, les propos récents du président de la Réserve fédérale sur les inconvénients de la faiblesse du dollar ont sonné le coup d’arrêt des baisses de taux et annoncent que le prochain mouvement sera un resserrement monétaire.
Les propos de Ben Bernanke sur l’inflation importée ne peuvent qu’encourager une action concertée pour accompagner la reprise déjà amorcée de la monnaie américaine. L’euro se traite désormais à moins de 1.56 dollar et le prix du pétrole a reflué au-dessous de 125 dollar le baril.

La révision en hausse de la croissance du Produit Intérieur Brut américain au premier trimestre (de 0.6% à 0.9%) et la surprise créée par la croissance en zone euro (0.8%) sont considérées comme non durables. Le
consensus est à un net ralentissement au 2T08 aux Etats-Unis comme en Zone euro.
Que ce soit aux Etats-Unis, en Europe ou au Japon, le scénario est le même. Confrontées à la ponction sur le pouvoir d’achat des ménages provoquée par le niveau élevé des prix de l’énergie et de l’, à la chute de l’immobilier dans quelques pays, et au resserrement des conditions de distribution et de coût du crédit, les économies des pays de l’ resteront faibles tout au long de cette année 2008.
Simultanément, l’inflation devrait demeurer élevée tant que la hausse des prix des matières premières et des biens alimentaires se poursuivra.

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