épidémiologique
hebdomadaire
2002-2003
ques et la pratique du dépistage du cancer colorectal par recherche de sang
occulte dans les selles (TDSOS).
Méthode Un échantillon, issu de l'Enquête décennale santé de l'Insee
2002-2003, de 6 599 personnes âgées de 50 à 74 ans ayant répondu à la
question relative à la pratique du TDSOS, non suivies pour un cancer
colorectal, a été analysé.
Résultats Trente pour cent des hommes et 23 % des femmes déclarent
avoir pratiqué un TDSOS au cours de leur vie, dont 11 % des hommes et 9 %
des femmes dans les deux ans. Les hommes âgés de plus de 54 ans, de statut
socio-économique élevé, ayant consulté leur médecin généraliste au moins
une fois dans l'année et non fumeurs avaient réalisé plus fréquemment un
TDSOS dans les deux ans. Les femmes âgées de plus de 54 ans ayant réalisé
une mammographie dans les deux ans et résidant dans un département orga-
nisant le dépistage du cancer colorectal avaient réalisé plus souvent un TDSOS.
Discussion-Conclusion Chez les hommes, la pratique diffère selon le
profil sociodémographique alors que chez les femmes, c'est la pratique de
dépistage qui est déterminante. Les résultats permettent de faire un point
sur la pratique avant la généralisation, en 2008, du programme de dépistage
organisé à l'ensemble du territoire.
2002-2003
colorectal cancer screening practices using a fecal occult blood test (FOBT).
Methods Data from 6,599 men and women, selected from the 2002-2003
Insee decennial health survey, aged 50-74 years without colorectal cancer
history and asked about their FOBT life practice, were analyzed.
Results Thirty percent of men and 23% of women had performed at least
one FOBT in their life. A percentage of 11% of men and 9% of women reported
having performed a FOBT within the last two years. Men aged over 54 years,
having a high socio-economic level, who had a general practitioner visit in
the last year and were non-smokers, had performed a recent FOBT more
frequently. Women aged over 54 years, having undergone a mammography in
the last two years, and living in a district with an existing colorectal cancer
screening program, had performed a recent FOBT more frequently.
Discussion-Conclusion In men, factors associated with FOBT screening
are sociodemographic factors. For women, cancer screening attendance is the
major factor in FOBT practice. These results describe men and women FOBT
practice before the generalization of the colorectal cancer screening
programme which was extended nationwide in 2008.
sociodemographic factors
annuels estimés en 2000, est classé au troisième
rang des cancers chez l'homme et au second rang
chez la femme. Entre 1980 et 2000, le nombre de
nouveaux cas a augmenté de 50 % [1]. En 2004,
16 458 décès par cancer colorectal ont été recen-
sés [2]. La survie en France est une des meilleures
d'Europe : la survie relative à 1 an est de 79 % et
à 5 ans, elle atteint 56 % [3]. Entre 60 et 80 % des
cancers du côlon se développent sur des tumeurs
bénignes précancéreuses, des polypes ou adéno-
mes [4]. La réduction de la mortalité en pratiquant
un test Hémoccult
santé, suivant les recommandations de la Confé-
rence de consensus de 1998 renouvelées en 2005,
recommande le dépistage systématique, tous les
deux ans, des personnes de 50 à 74 ans à risque
moyen [6]. Les personnes à haut risque familial ou
génétique relèvent d'autres stratégies de dépistage.
Le programme pilote de dépistage organisé du can-
cer colorectal par test Hémoccult
avaient commencé en 2002-2003. Le programme
propose aux personnes âgées de 50 à 74 ans la
réalisation d'un test Hémoccult
population de l'Enquête décennale santé de l'Institut
national de la statistique et des études économi-
ques (Insee) 2002-2003, la fréquence et le cadre
de la pratique récente déclarée du test de détection
de sang occulte dans les selles (TDSOS) et de déter-
miner les caractéristiques sociodémographiques liées
à cette pratique au moment du démarrage, en France,
du programme pilote de dépistage organisé.
de l'Insee 2002-2003 sont recueillies lors d'entre-
tiens à domicile en face-à-face avec un enquêteur
et par auto-questionnaire.
octobre 2003. La question portant sur la pratique
d'un TDSOS (« Quand avez-vous eu pour la der-
nière fois un test Hémoccult
nes âgées de 50 à 74 ans. Les personnes ayant ou
ayant eu un cancer colorectal (49) ont été exclues
de l'analyse. L'analyse porte sur 6 550 personnes
(3 189 hommes, 3 361 femmes) ayant répondu à
la question. Un test effectué dans les deux ans
précédant l'enquête est défini comme « récent »
pour la suite de l'analyse. La pratique a été étudiée
selon plusieurs groupes de facteurs : sociodémo-
graphiques, de comportements vis-à-vis de la santé
et de recours médical. Les données sur la pratique
de la coloscopie et sur les antécédents familiaux
de cancer n'étaient pas disponibles. Les effectifs
présentés sont ceux de l'échantillon, en revanche,
les pourcentages sont redressés en tenant compte
du plan de sondage. Deux modèles distincts de
régression logistique ont été développés, afin de
tenir compte de l'interaction existant entre le sexe
et les variables sociodémographiques et socio-
économiques. Les analyses univariées ont été ajustées
signification inférieur à 10 % dans le modèle d'ana-
lyse univariée a été intégrée au modèle logistique
multivarié.
ont déclaré avoir déjà pratiqué un TDSOS dans leur
vie. Un pourcentage de 11 % des hommes et 9 %
des femmes ont déclaré avoir pratiqué un TDSOS dans
les deux ans (tableaux 1 et 2). Ici, la pratique récente
du TDSOS sera étudiée plus particulièrement.
réalisé le test dans les deux ans, 53 % déclarent
l'avoir réalisé dans le cadre d'un programme de
dépistage « systématique », 25 % sur avis médical,
en dehors de tout signe, symptôme ou maladie
digestive, 7 % sur demande personnelle. Seize pour
cent des personnes ayant pratiqué un TDSOS dans les
deux ans déclarent qu'ils ont agi suite à des signes,
symptômes ou une maladie digestive (résultats non
présentés). Parmi ces personnes, certaines sont peut-
être suivies régulièrement pour un problème médical.
les deux ans pour les deux sexes, en analyse
univariée. Les pourcentages de réalisation les plus
faibles sont observés, quel que soit le sexe, chez
les 50-54 ans. La pratique augmente avec l'âge
jusqu'à 64 ans (14,9 % de réalisation pour les
hommes et 12,5 % pour les femmes) puis décroît
pour les âges plus élevés (figure 1).
nière profession exercée) influence la pratique du
TDSOS. Indépendamment des autres variables, le
fait d'être (ou d'avoir été) cadre, d'exercer (ou
d'avoir exercé) une profession intellectuelle supé-
rieure ou une profession intermédiaire est lié à une
pratique plus fréquente du test par rapport au fait
d'être (ou d'avoir été) agriculteur, artisan, commer-
çant ou chef d'entreprise. En revanche, l'occupa-
tion actuelle (actif, retraité, autre inactif) n'a pas
d'influence. Appartenir à un foyer ayant un revenu
mensuel par unité de consommation supérieur ou
égal à 900
ment de la profession exercée et des autres varia-
bles. Chez les femmes, les variables socio-économiques
ne sont pas associées à la pratique du dépistage
en analyse univariée.
Les comportements associés à une attitude de
prévention, comme par exemple la consommation
de fruits ou la pratique régulière d'une activité
physique, ne sont liés ni chez les hommes, ni chez
les femmes, à la réalisation récente d'un TDSOS
lorsque l'on tient compte de l'ensemble des varia-
bles du modèle. Chez les femmes, le lien entre la
pratique régulière d'une activité physique et la
pratique récente du test est significatif lorsque l'on
ne tient compte que de l'âge, mais ne l'est plus
lorsque les autres variables sont prises en compte.
Seul le fait de fumer est associé, chez les hommes,
à une moindre pratique.
Le recours au médecin généraliste joue un rôle dans
le comportement des hommes tandis que chez les
femmes, cela n'a pas d'impact dans le modèle logis-
tique final. Chez les hommes, plus le nombre annuel
de consultations chez le généraliste est élevé, plus la
pratique du TDSOS dans les deux ans est fréquente.
Chez les femmes, la réalisation d'une mammo-
graphie datant de moins de deux ans dans le cadre
du programme national de dépistage organisé ou
dans le cadre d'un dépistage individuel, est asso-
ciée positivement à la pratique, indépendamment
des autres variables.
En 2002, 470 personnes de l'échantillon (225 hom-
mes et 245 femmes) résidaient dans un départe-
ment ayant débuté le programme de dépistage
organisé du cancer colorectal. L'existence, dans le
département de résidence, d'un programme de
dépistage organisé du cancer colorectal est asso-
ciée positivement à la pratique récente du TDSOS
chez les femmes, indépendamment des autres
variables, ce qui n'est pas le cas chez les hommes.
Par ailleurs, quel que soit le sexe, il n'existe pas de
lien en analyse univariée entre la pratique d'un
TDSOS et la souscription à une mutuelle de santé
complémentaire, le niveau d'études, le milieu de
résidence (rural/urbain) et le fait de vivre en couple
(résultats non présentés).
Femmes
dans les selles, Enquête décennale santé Insee, France, 2002-2003 / Figure 1 Recent fecal occult blood test
practice by age, Insee Decennial Health Survey, France, 2002-2003
nes de 50 à 74 ans déclarent avoir pratiqué un
TDSOS au cours de leur vie. Au moment où le
dépistage organisé démarre, la pratique récente
du TDSOS (il y a moins de deux ans) est déclarée
par 10 % des personnes interrogées. En 2005,
d'après le Baromètre cancer 2005 de l'Inpes, 33 %
des personnes âgées de 50 à 74 ans ont déclaré
avoir pratiqué au moins une fois un TDSOS au
cours de leur vie [8]. Comme le montrent les résul-
tats, les caractéristiques des personnes faisant le
test ne sont pas les mêmes selon le sexe. Ainsi
que le Baromètre cancer l'a confirmé, la pratique
du test est moins fréquente chez les personnes
de plus de 70 ans et plus importante chez les
60-64 ans [8]. Le fait que les hommes déclarent
avoir fait plus souvent un TDSOS que les femmes
est en contradiction avec la pratique réelle qui
est plus élevée chez les femmes [9,10]. Cepen-
dant, ce résultat est retrouvé, après calculs sup-
plémentaires dans la base de données du Baro-
mètre cancer 2005 : 37 % des hommes déclarent
avoir eu un TDSOS au cours de leur vie et 29 %
des femmes. Il n'est pas possible de déterminer
la pratique de tests de recherche de sang à visée
diagnostique. Chez les hommes, la déclaration de
la pratique diffère selon le profil socio-économi-
que, le recours au médecin généraliste et le statut
tabagique. Les résultats de l'analyse sont en accord
avec la littérature : un niveau de revenu socio-
économique élevé est lié à la pratique du test
[11]. En revanche, chez les femmes, c'est le dépis-
tage qui est déterminant dans la pratique du test
(avoir fait une mammographie et résider dans un
département où le dépistage organisé du cancer
colorectal existe). Les cinq départements pilotes
pour le dépistage du cancer colorectal proposaient,
pour quatre d'entre eux, au moment de l'étude, le
dépistage organisé du cancer du sein. Comme le
montrent d'autres études, les femmes semblent
plus sensibilisées au dépistage que les hommes :
celles qui ont déjà fait une mammographie prati-
quent plus fréquemment l'Hémoccult
cin généraliste, plus elle fait fréquemment un
TDSOS, étant donné que c'est le médecin généra-
liste qui fournit le test, dans le cadre du dépis-
tage organisé [14].
limites de toute enquête déclarative. On peut
s'interroger sur la réalité de certaines pratiques.
Environ 600 personnes ont déclaré avoir réalisé un
TDSOS dans un département où il n'y a pas de
dépistage organisé. De plus, la moitié des individus
ayant eu un TDSOS déclarent l'avoir fait dans le
cadre d'un programme de dépistage « systéma-
tique » en 2003. Systématique ne veut pas dire
dépistage organisé. On peut s'interroger sur la pra-
tique de ce test dans les départements non pilotes
pour le dépistage du cancer colorectal. En effet, la
lecture au cabinet du médecin ou en laboratoire
de biologie n'est pas recommandée, les résultats
n'étant pas fiables. Or, en dehors des centres d'exa-
men de santé et de certaines initiatives locales, la
centralisation de la lecture n'existait pas dans ces
départements au moment de l'enquête. Ces per-
sonnes ont-elles réellement fait un TDSOS ? Ou ont-
elles réalisé un test de recherche de sang dans les
selles au laboratoire, ce qui est différent ? Certai-
nes personnes déclarent avoir fait des tests suite à
des signes cliniques. Elles n'ont pas été écartées de
l'analyse car elles ont déclaré avoir pratiqué un
effectué un test de détection de sang occulte dans les selles dans les
deux ans, Enquête décennale santé Insee, France, 2002-2003
Table 1 Characteristics of men aged 50-74 years who reported having
performed a fecal occult blood test within the last two years, Insee Decen-
nial Health Survey, France, 2002-2003
Agriculteur exploitant, artisan,
commerçant, chef d'entreprise
supérieure et profession intermédiaire
Occupe un emploi
de consommation
de dépistage organisé du cancer
colorectal dans le département
Non
chez un généraliste
0 478
Oui actuellement
Moins d'une fois par jour
physique
Non
effectué un test de détection de sang occulte dans les selles dans les
deux ans, Enquête décennale santé Insee, France, 2002-2003
Table 2 Characteristics of women aged 50-74 years who reported having
performed a fecal occult blood test within the last two years, Insee Decen-
nial Health Survey, France, 2002-2003
Agricultrice exploitante, artisane,
commerçante, chef d'entreprise,
personne n'ayant jamais travaillé
supérieure et profession intermédiaire
Occupe un emploi
(dont chômeuse et au foyer)
de consommation
Jamais ou > 2 ans
de dépistage organisé du cancer
colorectal dans le département
Non
chez un généraliste
0
Oui actuellement
Moins d'une fois par jour
physique
Non
indications médicales du TDSOS. Ce test n'est pas
indiqué en cas de symptômes où une coloscopie
doit être réalisée d'emblée. Cette enquête semble
révéler une pratique du TDSOS non conforme aux
recommandations de bonnes pratiques et qui devra
disparaître au profit de la généralisation du dépis-
tage organisé.
2002-2003 permettent de décrire les caractéristi-
ques des hommes et des femmes ayant déclaré
avoir réalisé un test de détection de sang occulte
dans les selles durant les deux dernières années,
avant la généralisation à l'ensemble du territoire
du dépistage organisé du cancer colorectal. La
prochaine enquête Insee en population générale
est prévue en 2008-2009. Elle permettra d'étudier
plus précisément l'évolution de la déclaration de
généralisation du programme à tout le territoire.
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le personnel de la Défense, France, novembre 2000-décembre 2004
d'environ 36 000 nouveaux cas et de 16 000 décès. Le Service de santé des
armées a mis en place en 2000 une étude pilote afin d'évaluer l'acceptabilité
du dépistage du cancer colorectal.
Méthode Les personnels de la Défense (militaires et civils) en région
Ile-de-France âgés de 45 ans et plus constituaient la population cible.
L'étude s'est déroulée du 1
dépistage du cancer colorectal (test Hémoccult
test et de participation à l'étude ont été calculés.
Résultats Au total 7 516 sujets ont été inclus. L'âge moyen était de
50,7 ans. Le sexe ratio homme/femme était de 3,1 ; 38,0 % des sujets étaient
des civils de la Défense. Le taux d'acceptabilité du test était de 76,8 %, le
taux de réalisation de 75,4 % et le taux de participation a été estimé à
57,9 %. Parmi les 75 patients ayant un test Hémoccult
pour 2 sujets (2,9 %) un adénocarcinome a été diagnostiqué.
Discussion-Conclusion Le taux de participation correspond à celui
retrouvé dans la littérature et presque la totalité des sujets ayant eu un test
positif ont bénéficié d'une coloscopie. Seuls deux adénocarcinomes colo-
rectaux ont été dépistés, le jeune âge de la population cible était en partie
responsable de ce faible résultat. Le Service de santé des armées a décidé
de la mise en place d'une campagne de dépistage du cancer colorectal chez
le personnel de la Défense âgé de 50 ans ou plus.
screening in defense personnel, France, November
2000-December 2004
36,000 new cases and 16,000 deaths. In 2000, the French military health
service decided to conduct a pilot study in order to evaluate the acceptability
of colorectal cancer screening.
Methods The defense personnel (militaries and civilians) in the Ile-de-
France area aged 45 years and more constituted the target population. The
study was carried out from 1 November 2000 to 31 December 2004. During
the annual medical examination, the physician proposed to patients to
perform a test for colorectal cancer detection (Hemoccult
and study participation rates were calculated.
Results Altogether 7,516 subjects were included. The average age was
50.7 years. The male/female sex ratio was 3.1; 38.0% of the subjects were
civilians. The test acceptability rate was 76.8%, the test performance rate was
75.4% and the study participation rate was 57.9%. Among the 75 patients
with a positive Hemoccult
carcinoma was diagnosed (2.9%).
Discussion-Conclusion The participation rate estimated in this study
corresponds to that found in the literature, and nearly all subjects with a
positive result underwent coloscopy. Only two cases of colorectal adeno-
carcinoma were detected, the young age of the target population is partly
responsible for this poor test performance. The French military health service
has decided to conduct a colorectal detection campaign for the Defense
personnel aged 50 years or more.
tiqués chaque année en France, le cancer colorectal
se situe au deuxième rang des cancers les plus
fréquents [1]. L'instauration d'un dépistage tous les
deux ans par recherche de sang dans les selles
devrait permettre de faire baisser de 15 à 20 % la
mortalité par cancer colorectal, estimée à environ
16 000 décès par an [2,3]. Le Service de santé des
armées a mis en place une étude pilote afin d'évaluer
l'acceptabilité du dépistage du cancer colorectal.
Cette étude a été réalisée parmi le personnel de la
Défense de la région Ile-de-France du 1
étude étaient, (1) d'évaluer l'acceptabilité du test
Hémoccult
précancéreux (polypes adénomateux).
personnel militaire ou employé civil de la Défense
travaillant en région Ile-de-France et âgé de 45 ans
ou plus. Les critères de non inclusion étaient : tous
les sujets présentant une maladie inflammatoire
cryptogénétique intestinale, un cancer du côlon ou
des polypes colorectaux en cours de suivi, des anté-
cédents familiaux de cancer colorectal. L'apparition
récente de symptômes digestifs nécessitant une
prise en charge spécifique (faux besoins, rectorra-
gies...), la prise d'un traitement anti-aggrégant ou
anti-inflammatoire au long cours et les menstrua-
tions entraînaient une contre-indication temporaire.
Le test Hémoccult
évidence de l'activité peroxydasique de l'hémoglo-
bine. Le test est réalisé sur deux échantillons
consécutifs. Sa sensibilité a été estimée à 48 % [4].
Lors de la visite médicale systématique réalisée
chaque année, le médecin proposait d'effectuer un
test de dépistage à chaque sujet inclus et rensei-
gnait une fiche de recueil. Si le test n'était pas
proposé au sujet ou si ce dernier refusait de le faire,
le médecin envoyait la fiche renseignée à la
structure militaire chargée de l'analyse. Si le sujet
acceptait de faire le test proposé, le médecin lui
remettait un kit de dépistage.
Une fois réalisé, le test était adressé au laboratoire
de biochimie de l'hôpital d'instruction des armées
Bégin. En cas de résultat positif, le médecin propo-
sait la réalisation d'une coloscopie dont le résultat
était reporté sur la fiche, cette dernière était ensuite
clôturée et adressée à la structure militaire chargée
de l'analyse.
Des informations sur les caractéristiques indivi-
duelles, les antécédents personnels et familiaux de
maladie digestive, la réalisation du test Hémoccult
tats de la coloscopie lorsqu'elle était réalisée ont
été recueillies sur une fiche de recueil standardisée.
La fiche de recueil a été actualisée en novembre
2001 (fiche nouveau modèle) afin de mieux décrire
les motifs de non remise du test au sujet (refus,
contre-indication temporaire). Afin de préserver
l'anonymat, l'année de naissance et non la date de
naissance a été recueillie.
Le taux d'acceptabilité du test a été défini comme
la proportion de sujets ayant accepté de se voir
remettre le kit, parmi ceux à qui il avait été pro-
posé. Ce taux a été calculé à partir des informa-
tions recueillies à compter de novembre 2001. Le
taux de réalisation du test a été défini comme la
proportion de sujet l'ayant réalisé, parmi ceux à
défini comme la proportion de sujets ayant effectué
le test parmi les sujets appartenant à la population
cible du dépistage, a été calculé en faisant le produit
du taux d'acceptabilité par le taux de réalisation
du test.
L'analyse des données a été effectuée avec le logiciel
EpiInfo 6.04d
Parmi eux, 992 sujets (11,7 %) ont été inclus à tort,
dont 62,7 % (622/992) avaient des antécédents
familiaux de cancer colorectal. Au total, 7 516 sujets
répondaient aux critères d'inclusion.
extrêmes : 45-73). Le sexe-ratio homme/femme était
de 3,1 (5 648/1 816), 38,0 % des sujets étaient des
civils (2 817/7 409).
l'acceptabilité du test Hémoccult
chés à partir des renseignements collectés à partir
de 2001, soit chez 4 665 sujets (figure). Dix-neuf
dossiers étaient incomplets et le test n'a pas été
proposé à 1 114 sujets qui ne faisaient pas partie
de la population cible (contre-indication tempo-
raire). Parmi les 3 532 sujets pouvant bénéficier du
dépistage, 819 ont refusé le test (figure). Le taux
d'acceptabilité du test était de 76,8 %.
Ce taux diminuait significativement avec l'année
de l'étude (Chi
France, November 2000-December 2004
test ont été étudiés en comparant le groupe des
4 701 sujets ayant accepté la remise d'un test (1 988
jusqu'à novembre 2001 et 2 713 après) à celui des
819 ayant refusé. L'âge moyen ne différait pas
significativement entre les sujets ayant refusé et
ceux ayant accepté (50,7
la Défense, le taux d'acceptabilité était significative-
ment inférieur chez les femmes (RR
taux d'acceptabilité était significativement inférieur
chez les civils de la Défense à celui des militaires
(RR
du test
distribués).
L'âge des sujets n'était pas significativement diffé-
rent selon que le sujet avait réalisé ou non le test
(50,6
statut (militaire ou civil de la Défense) vis-à-vis de
la réalisation du test (p=10-3). Une analyse strati-
fiée a donc été réalisée.
Chez les civils de la Défense, les taux de réalisation
du test ne différaient pas significativement selon le
sexe (femmes : 82,3 %
réalisation était significativement plus élevé chez
les hommes (77,8 %
ficativement plus élevé chez les civiles que chez les
militaires (72,3 %
significativement supérieur chez les militaires par
rapport aux civils (77,8 %
du cancer colorectal
colorectal était de 57,9 % (76,8 % x 75,4 %).
positifs et 98,7 % (74/75) des sujets ayant un test
Hémoccult
connu, 55,9 % (38/68) avaient une coloscopie
normale, 32,4 % (22/68) présentaient des polypes
et pour 2,9 % (2/68) des sujets, un adénocarcinome
a été diagnostiqué (figure).
tage du cancer colorectal chez le personnel de la
Défense de la région Ile-de-France s'est déroulée
du 1
Parmi les 8 508 sujets, 992 (11,7 %) ont été inclus
à tort. Pour plus de la moitié d'entre eux, il s'agis-
sait d'une population à risque élevé de cancer
colorectal devant bénéficier d'une stratégie de dépis-
tage différente (coloscopie tous les 2 à 5 ans) [5].
L'année de naissance et non la date de naissance
était recueillie : cette donnée, même associée au
sexe et au lieu d'affectation (qui pouvait avoir
changé), ne permettait pas d'identifier les sujets
ayant bénéficié de deux dépistages et donc d'éva-
luer leur impact sur l'acceptabilité.
Le taux d'acceptabilité du test était égal à 76,8 %.
Les femmes et le personnel civil acceptaient moins
fréquemment de participer à la campagne de dépis-
tage. La baisse du taux d'acceptabilité avec le temps
pourrait s'expliquer par (1) une diminution avec le
temps de la motivation des médecins et (2) le départ
des médecins formés et sensibilisés (mutation,
missions, stages...). Pour ces raisons, les médecins
sensibiliseraient moins les patients qui seraient donc
plus nombreux à refuser de faire le test.
Les sujets à qui le test avait été remis l'ont réalisé
dans 75,4 % des cas. Le taux de réalisation dépen-
dait du sexe et du statut civil ou militaire. Les
militaires de sexe masculin étaient ceux qui réali-
saient le plus fréquemment le test (77,8 %) et les
militaires de sexe féminin étaient ceux qui le réali-
saient le moins fréquemment (63,3 %). Le taux de
participation a été estimé à 57,9 %, proche de celui
observé lors des premières campagnes de dépis-
tage menées notamment en Bourgogne (53 %) [6].
A l'inverse des résultats observés dans cette étude,
Faivre et al. rapportent une meilleure participation
des femmes [7]. Aucune explication n'a été trouvée
permettant d'expliquer cette différence. Les militai-
res sont plus souvent en contact avec le médecin
d'unité que les civils avec le médecin du personnel.
En effet, l'aptitude opérationnelle nécessite chaque
année, au minimum, une visite médicale, une visite
dentaire et la mise à jour de nombreuses vacci-
nations. Ainsi, le médecin militaire a plus souvent
l'occasion de rappeler à son patient de faire le test,
ce qui peut expliquer en partie le meilleur taux de
participation observé chez les militaires.
Une étude faite dans le Lot sur 1 311 salariés avait
montré le rôle primordial joué par (1) le médecin
prescripteur du test, (2) le mode de distribution du test
(par voie postale ou directement par le médecin)
et (3) le statut socioprofessionnel des sujets [8].
du taux de participation passe par le renforcement
de l'implication des médecins dans la campagne
de dépistage qui doivent sensibiliser plus particu-
lièrement le personnel féminin et le personnel civil.
Le pourcentage de tests positifs était de 2,1 % et
l'acceptabilité de la coloscopie était élevée, puis-
que 98,7 % des sujets ayant un test positif ont
bénéficié d'une coloscopie. Une étude de dépistage
du cancer colorectal menée au sein de 22 départe-
ments français entre 2002 et 2004 montrait un
pourcentage de tests positifs proche de celui
retrouvé dans notre étude puisqu'il était compris
entre 2,0 % et 3,8 % [9]. En revanche, l'accepta-
bilité de la coloscopie était moins élevée, en effet
« seulement » 78 % des sujets ayant un test posi-
tif avaient bénéficié d'une coloscopie [9]. Au total,
2 adénocarcinomes et 22 tumeurs bénignes ont
été dépistés. L'incidence des cancers colorectaux
dépistés peut paraître faible. Comme 40 % des can-
cers colorectaux surviennent après l'âge de 70 ans,
le jeune âge de la population militaire peut en
partie expliquer le faible rendement du test.
Ces résultats ont amené le Service de santé des
Armées à mettre en place une campagne de dépis-
tage du cancer colorectal destinée à l'ensemble du
personnel de la Défense âgé de 50 ans ou plus. Le
test Hemostick
ment par le médecin. L'interprétation immédiate
par ce dernier devrait favoriser la participation du
médecin et de son patient. La campagne de dépis-
tage a débuté le 1
de l'ensemble des médecins des services médicaux d'unités
qui ont participé à cette étude, de certains spécialistes hos-
pitaliers ou médecins des Directions du service de santé. Que
chacun trouve ici un juste remerciement de sa participation.
Zarebska M, Franchisseur C, et al. Dépistage du cancer colo-
rectal par test Hémoccult : taux de participation et prise en
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France / Table 1 Test acceptability rate by year from data collected since November 2001, France
rance maladie des travailleurs salariés-CnamTS, Unité
mixte 687, Saint-Mandé
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sanitaire, Paris
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